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Mon chien est réactif ! Qu'est-ce que ça implique ?

23 sept.
12 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 3 jours

Qu’est-ce que ça veut dire ? A quoi ça correspond ?


Ça y est, il est déjà en train de regarder au loin, de se tendre, de grogner, d’aboyer pour mieux se jeter sur ce qui le dérange, et on dirait qu’il le cherche depuis le début de la balade !



Avoir un chien qui réagit systématiquement, ou quasi systématiquement, sur les chiens, les enfants ou les humains en général, les poubelles qui volent au vent ou les trottinettes, ce n’est jamais une sinécure…


Vous avez peut-être déjà catégorisé votre chien comme réactif, ou c’est comme cela qu’on vous l’a décrit. Mais qu’est-ce que cela signifie réellement ? Vous êtes-vous déjà posé la question de ce que cela impliquait ?


Je vous propose une série d’articles dédiée au chien réactif pour aller plus loin dans la compréhension, l’observation et le passage à l’action, afin de le réhabiliter.


Une définition...


Et la première étape serait donc de donner une définition… Un chien réactif, c’est un chien qui aura une réponse comportementale disproportionnée par rapport à la situation vécue, que cela soit systématique ou aléatoire.

Cela sous-entend un émotionnel intense, qui empêche l’individu de s’ajuster à la situation. Cette émotion peut en revanche être de nature variée : la peur, l’enthousiasme, la frustration, la colère.


Si vous avez maintenant une idée de ce qu’est la réactivité, voilà ce que ce n’est pas :


😡 Ce n'est pas juste de l'agressivité

Votre chien présente un panel de comportements proactifs dans certains contextes, et non dans tous les aspects de son quotidien. Il ne cherche pas à nuire, mais à proposer une réponse qu’il pense adaptée à une situation. Votre chien n’est pas méchant : il se défend, il s’ajuste et se débat avec un émotionnel fort et réflexe qui ne le caractérise pas. La preuve la plus formelle est que les chiens réactifs réhabilités sont capables de proposer d’autres comportements dans les situations qui pouvaient les déclencher jusqu’alors. Ces comportements ne définissent pas votre chien : ils sont une sonnette d’alarme que vous devez prendre en compte.


🤜 Ce n'est pas de la dominance

Il ne propose pas ces comportements dans le but d’asseoir son statut hiérarchique. Ces comportements viennent plutôt d’associations émotionnelles puissantes. Certains types de réactivité peuvent mettre en évidence une mise en concurrence, mais il s’agit alors d’un conflit ponctuel qui ne permet pas de mettre en place une hiérarchie pérenne comme chez d’autres espèces. En réalité, le système social du chien ne repose pas sur la dominance, et si le sujet vous intéresse, j’ai déjà rédigé un article à ce sujet. Je vous en recommande la lecture ! Vous y trouverez des sources pour aller plus loin 👉 Par ici


🏫 Ce n'est pas un manque d’intelligence ou d’apprentissage

Contrairement aux réflexions que vous pouvez entendre (du type « Il faut l’éduquer »), votre chien ne produit pas ces comportements par manque d’apprentissage. Tout au contraire, il a appris que ces comportements étaient la seule manière de répondre à l’imminence de la situation. Ainsi, on trouve autant de chiens réactifs dans les refuges que dans les concours de sports canins. Certains ont été sous-stimulés, d’autres surstimulés (ou se sont développés dans un parfait équilibre) : le résultat est toujours le même. Certains naissent ainsi et beaucoup le deviennent… mais aucun de ces chiens ne présente ce type de comportement parce qu’il est bête ou n’a pas appris à s’asseoir.


Alors quelles sont les raisons qui font devenir un chien réactif ?


Cette question m’a trotté dans la tête de nombreuses années avant que je ne devienne pro, et même plusieurs années après. Pourquoi certains chiens deviennent-ils réactifs et pas d’autres ?


Beaucoup de clients parlent de « l’altercation de trop », d’autres d’une grande sensibilité qui finit par exploser, ou encore d’un manque de socialisation de leur part. Pourtant, tous les chiens sensibles et craintifs ne deviennent pas réactifs, et tous les chiens qui se sont fait cartonner ne le deviennent pas systématiquement ! Pire encore, certains chiens oubliés de la balade restent sociables et attirés par la nouveauté… Pire, pire encore… certains chiens parfaitement socialisés deviennent malgré tout réactifs…



Pourquoi certains chiens deviennent réactifs et pas d’autres ? 


🌍 A cause des facteurs extrinsèques...


Pour réaliser la recette magique du chien réactif, il faut tenir compte des paramètres environnementaux, c’est-à-dire de tous les éléments qui cadrent et composent la vie du chien. Littéralement, comment ses besoins sont remplis et quel est son niveau d’adéquation avec son environnement.


Cela correspond donc à son rythme de vie, aux habitudes que vous lui proposez, à la richesse ou à l’intensité de son lieu de vie et de ses environs. C’est donc manger deux fois par jour une gamelle de croquettes dans la cuisine, mais aussi sortir au parc du centre-ville à 17 h toute la semaine. C’est l’influence que va avoir une giardiose, une allergie environnementale ou une sensibilité digestive sur le plan de la santé. C’est habiter dans une résidence très bruyante ou, au contraire, s’être développé dans un environnement isolé de tout. L’environnement, c’est donc tous les paramètres externes au chien dans l’équation. Ce paramètre est sans doute le plus vaste, et on tend à nous faire croire que nous en avons une parfaite maîtrise pour éviter les problèmes. Pourtant, nous avons à peu près tous le même rythme de vie, et il n’est pas évident, voire impossible, de tout gérer.


Le sujet est donc immensément vaste et on peinerait à faire une liste exhaustive des éléments de l’environnement qui pourraient créer un chien réactif. On pourrait donc synthétiser en disant que c’est plutôt l’intensité ou la répétition d’un élément de l’environnement qui va empêcher l’individu de s’y habituer. Cela amène ainsi à la question : à partir de quand un événement devient-il intense ou répétitif ? Et encore une fois, on se rend compte que cela va dépendre de la perception de l’individu.


L’environnement constitue un challenge, mais ne suffit pas à créer un chien réactif. La réalité est qu’il faut généralement un cerveau particulier pour faire un chien aussi sensible. 


🧬 ... A cause des facteurs intrinsèques


Dans ce point-ci, il y a vraiment deux sous-points très fondateurs que je veux développer :


  • La génétique de l’individu, sa race, sa lignée, la population dont il est issu. 

  • Puis son tempérament, sa personnalité, ce qui fait son « identité » finalement. 


La génétique de l'individu

Pour commencer, tout chien est issu d’une pression sélective plutôt intense, qu’il soit de race (pour des raisons évidentes), croisé (ce qui équivaut à une loterie) ou des rues (parce que la pression de l’homme ou de l’environnement y est parfois tout aussi puissante que pour une race).


C’est un sujet qui mène à la consanguinité, bien réelle chez le chien. Une étude menée par l’université de Californie en 2021 sur près de 50 000 chiens, issus de près de 230 races, montre un taux moyen de consanguinité de 25 %, soit celui qui existe en moyenne entre un frère et une sœur (Bannasch et al., 2021). Il tombe à 3,7 % pour les chiens « sans race ».


Si cela signifie une homogénéité des caractéristiques physiques (forme de la tête, couleur du pelage, longueur des pattes), elle fixe aussi un ensemble de caractéristiques comportementales tout aussi précises :


Pêle-mêle, je pourrais citer la poursuite du mouvement chez le chien de chasse ou de berger. Mais en matière d’expression comportementale, c’est en réalité plus varié : certains ne font que suivre le gibier, d’autres l’immobilisent ; certains encerclent le bétail, d’autres vont le pincer ou le bousculer, etc. Il y a aussi le type d’aboiement : aboiement en série chez le berger allemand, supersonique chez le berger australien, en hurlement chez le beagle… Ou bien encore l’expression de la frustration ! Le claquement des dents dans le vide chez le malinois, les terribles vocalises frustrées du berger australien… Mais aussi la craintivité envers les étrangers chez la plupart des chiens de garde, de berger et certains chiens de chasse. Encore une fois, on pourrait donner mille exemples de comportements qui se retrouvent de façon homogène dans une race. Initialement, ce sont d’ailleurs plus souvent ces caractéristiques qui étaient recherchées que des caractéristiques physiques très spécifiques ; pour faire simple, on a rendu des individus sensibles pour les rendre efficaces dans leur tâche. 


Je prends l’exemple de la frustration. Dans cette optique, un chien frustrable serait grandement incompétent ! Si voir le gibier se dérober sous son nez ou regarder les moutons se disperser ne suscite rien chez l’individu, il est fort à parier qu’il sera évincé du programme de reproduction. Au contraire, celui qui cède « d’instinct » à son impulsion (ou bien avec une expressivité égale ou supérieure à celle de ses parents) sera un réel gain de temps d’apprentissage pour son éleveur. Repensez donc aux mille susceptibilités et aux mille exemples de comportements de votre chien qui avaient peut-être un sens pour ses ancêtres.



Mais alors, qu’en est-il des chiens croisés ? Ou des chiens des rues ? 

J’aime à dire que c’est la loterie. Si la pression génétique est moins directe, elle n’en est pas moins présente chez le chien croisé. Et il arrive souvent que le phénotype rejoigne le génotype, c’est-à-dire qu’un chien croisé qui ressemble à un chien d’utilité (chasse, berger, garde, etc.) possède les qualités (si on peut toujours les voir ainsi) de ces derniers.


Quant au chien des rues, la pression environnementale qu’exerce l’homme est souvent bien plus importante que ce que l’on pense, et il y a souvent une homogénéité physique et comportementale : le Royal Bourbon pour les chiens des rues de La Réunion, les chiens roumains ou les chiens égyptiens… Il y a tellement d’exemples que les passionnés pourront vous en donner bien mieux que moi.


Et son tempérament ?


Mais la génétique, ça peut aller encore plus loin qu’une homogénéité de forme de cerveau. Ça peut aller jusqu’aux mêmes traits de caractère. En plus d’une expression ultra caractéristique de certains comportements, des races et des lignées peuvent avoir des tempéraments homogènes. C’est donc une bonne chose de rencontrer la mère des chiots que vous adoptez. C’est même devenu une obligation légale pour leur vente (arrêté du 19 juin 2025, art. 26).


Ainsi, pour avoir un chien réactif, il faudra piocher dans certains traits de tempérament qui, ne l’oubliez pas, ont pu avoir du sens à un moment donné dans la sélection des individus :

La peur ou la craintivité, l’impulsivité ou l’impatience, le manque de tolérance, l’excitabilité, le pessimisme, voire la provocation ou la rancune ! Ce sont peut-être des mots que vous utilisez déjà pour décrire votre chien.

Pour conclure cette partie, rappelez-vous que votre chien n’est pas une page blanche à son arrivée chez vous et qu’il possède certains accélérateurs de flamme que l’environnement finit par embraser. Il y a beaucoup à faire lorsque l’on a un chien réactif, mais l’aider à évoluer à contre-courant de sa génétique et de son tempérament fait partie des essentiels de ce travail.


Qu’est-ce que ressent un chien réactif ?


Si ce qui fait un chien réactif est vraiment passionnant et nous permet déjà d’entrevoir des pistes de travail, des points sur lesquels le faire évoluer, la question de son ressenti l’est encore plus.


🦴 Anatomie d’un déclenchement


En balade, de bonne heure et de bonne humeur, vous pensiez pouvoir éviter votre source d’angoisse régulière : le chien du coin ! C’était sans compter le beau temps qui a fait sortir le monde entier. Il est donc droit devant vous, ce canidé honni ! Votre chien l’aperçoit en même temps que vous : il fixe, il se tend, on dirait qu’il gonfle à vue d’œil. Il grogne avant de partir en hurlant, pendu au bout de la laisse que vous ramenez à vous. Non sans peine, vous reculez, manquez de trébucher, tandis que votre chien réveille le quartier. Vous vous demandez ce qui se passerait s’il s’approchait encore ou si, en face, personne ne tenait l’assailli qui palpite également.



Peut-être que vous ne le voyez plus ou que vous ne l’avez jamais vu – je préfère dire que vous ne le voyez pas encore –, mais votre chien exprime son inconfort et sa montée émotionnelle de mille manières avant de déclencher bruyamment. À travers ces innombrables unités de comportement, il essaie de gérer une émotion qui devient trop forte. À l’image d’une cocotte-minute, il y a de nombreux moments où le comportement que vous souhaitez éviter est encore évitable.


Ce qui ressort du ressenti des propriétaires de chiens réactifs, c’est que leur chien est souvent perçu comme « imprévisible » : ils ne comprennent pas pourquoi il fait « ça ». Cela traduit plutôt un manque de compréhension du mécanisme de déclenchement, un manque de connaissance de leur chien. Comme c’est un sujet fondamental dans le travail de réhabilitation, il sera à l’honneur du prochain article de cette série sur le chien réactif.


En synthèse, le déclenchement est la conséquence d’une émotion qui naît avant que le déclencheur ne soit trop intense, voire avant même qu’il ne soit à vue ou à portée d’odeur, selon les profils.


C’est alors une réponse comportementale qui vient résoudre une émotion, et non l’inverse. Votre chien n’est pas imprévisible, il est trop plein d’émotions ! Et ce, régulièrement, avec les conséquences que cela implique : vigilance, mauvaise gestion émotionnelle, stress ou anxiété.


🤓 La réaction comme stratégie 


L’apport des neurosciences est une réelle bouffée d’oxygène pour l’éducation canine. Elles nous ont permis de mettre en lumière ce qui se passe dans le cerveau et dans le corps d’un chien qui réagit. Je me permets de vous en faire un résumé très raccourci pour comprendre ce que ressent votre chien sensible.


Au moment du déclenchement, le corps du chien reçoit un shoot d’adrénaline qui dilate ses bronches, augmente le rythme cardiaque et contracte les muscles : c’est le mécanisme de mise en action du stress. Si l’adrénaline permet la mise en action, c’est plutôt le rôle du cortisol de maintenir l’attention et de gérer l’effort pendant et après le déclenchement. Le cortisol a de nombreux effets sur le corps : augmentation de la glycémie, diminution de la réponse immunitaire, ralentissement de la digestion. Sur le moment, cela s’exprime par de l’excitation, de l’agitation, des vocalises et plus de vigilance. Côté intestins, les deux effets ne se produisent pas en même temps. Dans les premières minutes, la décharge de stress accélère au contraire le côlon, qui se vide plus vite : d’où un surplus de caca, voire une diarrhée, pendant ou juste après le déclenchement. Ce n’est qu’ensuite, quand le cortisol prend le relais, que la digestion ralentit.


Voilà en synthèse ce qui se passe à chaque déclenchement. Mais à long terme, les conséquences sur le corps sont plus nombreuses : difficultés d’apprentissage et d’analyse, maladies à répétition (généralement des otites ou des conjonctivites), mais aussi problèmes de peau, problèmes hormonaux ou digestifs. De la même manière, à terme, on obtient un chien vigilant qui ne semble jamais baisser la garde. Il devient anxieux.



Pour vous représenter les sensations physiques, c’est le même stress que lorsque vous frôlez un accident. Je prends un exemple assez extrême parce qu’il faut considérer la douleur physique qu’occasionne la montée d’adrénaline, la douleur abdominale qu’implique le cortisol, complétées par la sensation d’être vidé qui lui est propre. N’oublions pas que les chiens sont bien plus connectés à leur ressenti physiologique que nous. Leur lobe frontal est moins prompt à dissimuler des informations physiques au profit de ressentis sociaux.

Je prends cet exemple parce qu’il est drôle ! Dans « Le charme discret de l’intestin », l’auteure, Giulia Enders, décrit ce lien puissant chez l’humain, capable de retenir ses réflexes physiologiques pour sauver la face. En l’occurrence, elle se décrit sur le canapé de sa tante guindée, dans l’impossibilité de lâcher ce prout qui la soulagerait pourtant (Enders, 2015). Le lobe frontal est en partie capable de maîtriser le corps lorsque ses réflexes seraient socialement réprouvés.

Ce principe est impossible chez le chien, et cela va au-delà d’un principe « moral » si l’on y réfléchit bien. Cela impacte également le ressenti des événements. Chez le chien, il n’y a pas de masque social, de filtre qui atténue le ressenti psychologique et physiologique : il est en plein ressenti et donc en pleine expression.


Pour finir sur cette partie, je veux vraiment que vous sachiez que votre chien ne vous complique pas la vie volontairement. Il essaie simplement de faire face à quelque chose qui lui semble insurmontable. 


En conclusion


Résumons ! La réactivité, c’est une réponse comportementale disproportionnée à certains événements, que votre chien répète systématiquement ou de façon récurrente lorsqu’il les rencontre.

Cette réactivité est multifactorielle, puisqu’elle est influencée par l’intensité ou la répétition de certains éléments de votre environnement, par son terrain génétique et par les particularités de son tempérament. Dans l’immense majorité des cas, cette combinaison est nécessaire pour créer une réactivité.

Ces réponses comportementales intenses impliquent des réponses physiologiques de stress tout aussi intenses, qui ont des conséquences à court et à long terme sur la santé de nos chiens sensibles.

Maintenant que nous savons ce qu’est la réactivité, apprenons à reconnaître les signaux qui apparaissent bien avant les aboiements ou les grognements, et qui pourraient bien changer la donne pour travailler votre chien réactif !


Pour aller plus loin...


  • Arrêté du 19 juin 2025 fixant les règles sanitaires et de protection animale auxquelles doivent satisfaire les activités liées aux animaux de compagnie d’espèces domestiques, article 26. Journal officiel de la République française. Disponible sur : legifrance.gouv.fr.


  • Bannasch, D. et al. (2021) ‘The effect of inbreeding, body size and morphology on health in dog breeds’, Canine Medicine and Genetics, 8, 12.

    Berns, G. (2022) Dans la tête d’un chien : les dernières découvertes sur le cerveau animal. Paris : Alpha.


  • Enders, G. (2015) Le charme discret de l’intestin. Arles : Actes Sud.


  • Kim, Y.K. et al. (2010) ‘Behavioural reactivity of the Korean native Jindo dog varies with coat colour’, Behavioural Processes, 84(2), p. 568–572.

    Kolevská, J., Brunclík, V. et Svoboda, M. (2003) ‘Circadian rhythm of cortisol secretion in dogs of different daily activities’, Acta Veterinaria Brno, 72, p. 599–605.


  • Krauss, K. et Maue, G. (2022) Dogs in translation: a unique journey of observation and interpretation. The Pet Book Publishing Company.


  • LeDoux, J.E. (2012) ‘Rethinking the emotional brain’, Neuron, 73(4), p. 653–676.



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